Dans son extraordinaire ouvrage de 1852 (réédité en 1991) "Bléneau et ses environs", Aristide Dey développe sa thèse sur les origines du nom du village de Champignelles (89).
Contrairement à beaucoup de villages de la région, le nom n'est pas de souche celtique (gauloise) mais plutôt d'origine latine : Campus igneus puis Campignolii, puis Champignoliae, francisé ensuite en Champ-igné puis Champignelles.
Le sens est clair : champ de fer. A l'époque gauloise puis romaine, comme dans beaucoup d'autres endroits de notre région, le site abondait en exploitations de fer.
On exploitait le minerai, le chauffait, en faisait couler la fonte, en séparait les résidus. Ceux-ci, surtout à base de carbone et de mâchefers s'amoncelaient en tas : les ferriers. Il en subsiste de nombreux dans le secteur. Un "ferrier antique" est classé monument historique à Tannerre en Puisaye, près de Champigenlles (sur le site d'un ancien château fort construit par la famille de Courtenay).
Dans certains ferriers, on a retrouvé des monnaies romaines fabriquées sur place.
Un ferrier dans la région de Bourges (forêt d'Allogny)
Dey relève d'autres noms de lieudits de Champignelles qui attestent de son passé métallurgique : Champs-grillés, bois et, ailleurs, domaine du Ferrier, domaine des Minerois…
C'est à partir du 12ème siècle que les exploitations ferrières placées à proximité des mines ont été remplacées par les très nombreuses forges hydrauliques qu'on trouve le long de nos rivières, dont cinq ont existé à Champignelles et à proximité : au Pont de fer, à Vau, au Moulin de la forge, au Moulin du marteau, ou à Villeneuve-les-genêts (commune créée en 1217 sur le territoire de Champignelles). Dans ces véritables usines, le courant actionnait une ou plusieurs roues à aubes qui faisaient fonctionner soufflets et marteaux de forges.
Ferriers et forges abondent dans la haute vallée du Loing et de ses affluents.
Le moulin de Vanneau à Saints-en-Puisaye


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