2012 : des promesses POUR mais pas AVEC les jeunes (01/05/2011)
La jeunesse sera vraisemblablement au coeur des discours électoraux des candidats aux élections présidentielles de 2012. Martine Aubry et François Hollande, mais aussi Marine Le Pen, ou Dominique de Villepin ont commencé. Mais pourquoi et comment parlent-ils de la jeunesse ?
Le pourquoi tient sans doute au besoin de mobiliser un électorat qui fut majoritairement sarkozyste en 2007 et où François Bayrou avait fait une percée.
Accordons leur le bénéfice du doute : ils ont sans doute acquis aussi la conviction que la mobilisation des forces vives de la jeunesse et la réponse à ses angoisses mortifères étaient utiles et même nécessaires pour "changer d'avenir" (slogan du PS aux législatives victorieuses de 1997).
Comment parlent-ils de la jeunesse ?
Mal ! Si on retire les flatteries et les banalités d'usage (la jeunesse c'est l'avenir...) on s'aperçoit vite que nos candidat(e)s veulent faire plein de choses POUR les jeunes mais bien peu AVEC (hormis le service civique déjà créé) et qu'ils ne prévoient pas de leur laisser de places ni de pouvoirs nouveaux.
À titre d'exemple, voici des extraits éloquents du texte de positionnement "Priorité jeunesse" qui figure sur le site Web de François Hollande, celui qui parle le plus actuellement de son attachement au thème de la jeunesse. En fait il ne propose que d'"octroyer" quatre choses aux jeunes :
1. "Je propose d'instituer le contrat de génération par lequel l'entreprise embauche un jeune et conserve un senior pour l'accompagner. Ces deux emplois bénéficieront d'allègements de cotisations sociales patronales, financés par le redéploiement des exonérations actuelles".
2. Pour les jeunes enfants, " la création de 500 000 places d'accueil en structures collectives de qualité sera un levier décisif, tant pour l'égalité entre les enfants que pour l'égalité hommes-femmes. Investir dans la petite enfance, c'est donner plus de chances de réussir aux enfants des milieux populaires et permettre aux femmes de ne plus avoir à choisir entre leur famille et leur carrière professionnelle".
3. "Nous sanctuariserons le budget de l'Education nationale et donnerons la priorité à l'apprentissage des savoirs fondamentaux à l'école primaire, ainsi qu'à la sécurité dans les établissements, en renforçant l'encadrement et l'accompagnement personnalisé des élèves".
4. "Les jeunes refusent d'être assistés ou infantilisés. Je proposerai un contrat d'autonomie facilitant la transition entre la formation et l'emploi".
Faire de la jeunesse un enjeu électoral est très opportun mais risque de se retourner contre les tribuns candidats si leurs propos ne sont que démagogie, complaisance, commisération, condescendance, domination et promesses qui, même tenues (?) ne résoudraient nullement la question de la place de la jeunesse et de son énergie dans la gestion politique de notre société.
Il est encore temps qu'ils réfléchissent et temps pour les jeunes d'être vigilants.
"Avec les jeunes pour que le monde progresse" , le discours à la jeunesse de la Fédération Léo Lagrange, à l'élaboration duquel j'ai participé en 2003, donne une vision active du rôle et de la place des jeunes dans la société dont les candidats aux présidentielles pourraient utilement s'inspirer.

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