Monde dévasté, jeunesse en jachère : à la recherche du sens perdu (15/03/2011)
Ainsi donc, la jeunesse du monde devra aussi hériter des décombres et des radiations de très nombreuses et très dangereuses centrales nucléaires disséminées un peu partout sur la planète.
Cet héritage empoisonné s'ajoutera à celui des inégalités et d'une société de consommation planétaire sans âme pour les uns, sans consommation pour les autres, ravagée par ses errances, ses injustices, ses contradictions et ses pollutions...
Dans nombre de pays, la dette publique et le poids des retraites, la tyrannie de la gérontocratie et de sa commère la gérontologie finiront de constituer ce lourd héritage.
Qui, sans se révolter, pourrait accepter ou devrait assumer un tel legs ? Même si, à l'actif, ça et là, pas partout, un certain allongement de la vie, de merveilleuses réalisations technologiques et des libertés individuelles permettent de profiter de cette situation ou de l'oublier, tout en l'aggravant...
Un jeune qui ne se révolterait pas contre le monde dont il va hériter serait bien bête, bien abruti, bien profiteur ou bien malhonnête, non ?
Nul doute, donc, que va se produire, sous de multiples formes, une révolte des jeunes générations.
Certains seront immédiatement récupérés par des religieux ou autres apôtres de la prédation, de l'irrationnel et de la superstition.
D'autres croiront trouver une voie dans le terrorisme ou les paradis artificiels de toutes natures.
D'autres, heureusement, considéreront que le village planétaire dévasté par les tsunamis éthiques du 20ème siècle est à reconstruire patiemment, à commercer par ses fondations.
Ne redécouvriront-ils pas alors les fondamentaux que les pratiques, sinon les discours, ont oublié : l'écologie, la solidarité, la justice sociale, la coopération, la liberté, l'égalité, la fraternité et la laïcité ?
Ne comprendront-ils pas que, pour être économique, l'avenir devra d'abord être éthique ?
Et que, délaissant la cupidité et son compère le capitalisme transnational, l'économie sociale et solidaire d'une part, les Lumières d'autre part, négligées mais toujours indépassables, en constitueront les outils principaux ?
À l'heure du désastre du monde et de l'esprit que nous vivons, les générations dites adultes ne devraient-elles pas n' avoir qu'une priorité : assumer leur échec et leur culpabilité en permettant aux jeunes de garder espoir en redonnant à la planète les valeurs et le sens perdus.

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