Cliquez sur les photos pour les agrandir
À ma grande surprise, les deux hebdomadaires régionaux commentent ma démission du Conseil municipal de Dammarie-sur-Loing. Outre que je ne me croyais pas si important et au-delà de mon ego qui n'aime être mis en avant que pour servir ses idées, j'espère que les futures élections municipales partielles seront stimulées par ces articles. Le village a suffisamment d'atouts pour ne pas demeurer condamné au déclin. "Levez-vous vite, orages désirés…" écrivait Chateaubriand dans René (1802).
Du coup, c'est dans tout ce passage de son livre que je me retrouve…
"L'automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j'entrai avec ravissement dans les mois des tempêtes.
Tantôt j'aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes ; tantôt j'enviais jusqu'au sort du pâtre que je voyais réchauffer ses mains à l'humble feu de broussailles qu'il avait allumé au coin d'un bois.
J'écoutais ses chants mélancoliques, qui me rappelaient que dans tout pays le chant naturel de l'homme est triste, lors même qu'il exprime le bonheur. Notre cœur est un instrument incomplet, une lyre où il manque des cordes et où nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs.
Le jour, je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie ! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait !
Le clocher solitaire s'élevant au loin dans la vallée a souvent attiré mes regards ; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent ; j'aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentait ; je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur, mais une voix du ciel semblait me dire : « Homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande. »
« Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie ! »
Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté, tourmenté et comme possédé par le démon de mon cœur."
C'est le peintre culte de Montargis et du Gâtinais, Anne-Louis Girodet de Roucy (1767-1824), dit Girodet-Triorson ou simplement Girodet qui a peint ce non moins culte portrait de Chateaubriand, en 1809.

Commentaires