J'ai entrepris de rédiger une histoire de la haute vallée du Loing, des origines jusqu'à la Révolution de 1789. Je procède chronologiquement et en suis aux premiers saints de la chrétienté ayant exercé une influence dans la région : Martin de Tours, Germain d'Auxerre, Loup de Troyes, Saint-Prix…
En marge de ce travail, à paraître dans longtemps…, j'ai voulu approfondir l'histoire du plus local des grands saints, Ythier, né à Nogent-sur-Vernisson (45), à 12 kilomètres de mon village.
Comme toujours dans la vie des saints, la réalité s'est mêlée à beaucoup de fictions pour enjoliver des faits plus ingrats, servir la hiérarchie catholique, attirer les fidèles…
J'ai recoupé les sources pour vous raconter une vie d'Ythier plausible, à défaut d'être certaine.
Surtout, je me suis rendu à l'étang, la fontaine et la tour de Saint Ythier, au fin fond des terres de Nogent-sur-Vernisson, à la limite de la commune des Choux. Une promenade que je recommande, bien que le site lui-même, accessible par des chemins publics, soit hélas désormais privé.
Les photos témoignent de mon émerveillement en ce lieu historique, sauvage, paisible et beau…
Le futur Saint Ythier (ou Ithier, Itlutrius en latin) naît à Nogent-sur-Vernisson (45) vers le milieu du 7ème siècle.
Il acquiert une grande culture, devient un pieux médecin et soigne avec opiniâtreté les âmes et les corps.
Il recherche la solitude et l'isolement, se réfugie dans des lieux sauvages, mais les malades le poursuivent partout pour être guéris…
On ne sait comment il parvint à Nevers mais on raconte qu'il y fût appelé par les fidèles, suite à la mort de leur évêque Rogus. Il est élu à sa succession et confirmé évêque par le pape, vers 690.
Tout de suite après, le pape Sergius 1er lui envoie ses légats et le fait venir à Rome où il séjourne 18 mois avant d'être rappelé à Nevers par les fidèles et le clergé du crû.
Il y demeure alors évêque jusqu'à sa mort, sans doute en Berry et sans doute en juillet 696.
De nombreuses guérisons, miraculeuses ou non, lui sont attribuées, tout au long de sa vie.
Son corps sera rapatrié à Nogent-sur-Vernisson mais, au 16ème siècle, il est brûlé par les Calvinistes, pendant les Guerres de religions.
Entretemps, en 1403, le prieur de Nogent avait donné à Jean, duc de Berry, pour la collégiale des Aix-D'angillon, consacrée à Saint Ythier, une partie de la tête et d'un bras du saint évêque.
C'est parmi les reliques du trésor de la collégiale de Sully-sur-Loire, également consacrée à Saint-Ythier, qu'un doigt du saint fut rapporté à Nogent, en 1656 ,et conservé comme relique dans l'église locale. Il fût même "authentifié", selon un procédé qui nous est inconnu…, en 1840.
Avant la Révolution, on fêtait le saint à Nogent le 17 juin. Depuis que la paroisse a quitté le diocèse de Sens pour celui d'Orléans la fête a lieu le 9 juillet. De nombreuses églises sont consacrées à Saint Ythier, dont celle de Boismorand (45).
La fontaine de Saint-Ythier se situerait à proximité de la maison familiale où le saint est né et a été élevé. On y connait des pèlerinages depuis au moins le 11ème siècle. Les pèlerins s'y rendent en processions en cas de calamités publiques et notamment de sécheresses ou pour implorer la guérison des malades.
Sources principales : Vie de Saint Ythier, imprimée à Bourges, chez Toubeau, 1657 et La France pontificale (Gallia christiana), histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 17 provinces ecclésiastique. Sens et Auxerre (Honoré Fisquet, éditeur E. Repos, Paris, 1864-1873. En ligne sur Gallica-BNF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204176g )

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