Par les temps qui courent, ça ne sert pas toujours ma bonne réputation idéologique mais, -que voulez vous ?- je suis un inconditionnel de la poésie de Louis Aragon, de ceux et celles qui l'ont chanté , de sa langue et même de sa personnalité, aussi ambigüe, controversée et erratique qu'elle ait pu être… Je me retrouve "trop", comme on dit aujourd'hui, le génie en moins, dans les qualités et les défauts de cet homme là.
"Je suis pourri par le goût de séduire", disait-il, entre autres milliers de propos et vers qui me touchent…
J'ai donc été bouleversé par la vidéo ci-dessous, trouvée par hasard sur le site de l'institut national de l'audiovisuel (INA).
Permettez-moi de tenter de vous faire partager cette émotion intense. En 1978, à 81 ans, un peu sourd, quatre ans avant sa mort, celui qui aimait tant mettre en scène ses apparitions télévisuelles (visage masqué, propos empesés, jeux de rôles avec Elsa Triolet…) se lâche face au sémillant journaliste Jacques Paugam.
Certains y ont vu de la drague… Paugam dit que non.
Moi j'y vois surtout de la vérité et du génie.
Il est censé parler de Tristan et Yseult ou d'Elsa mais ce qu'il dit est beaucoup moins important que la vérité humaine avec laquelle il s'exprime.
Parmi tous mes vers préférés d'Aragon, que j'ai entrevu une fois, ceux-là, dans Prologue :
La souffrance enfante les songes
Comme une ruche ses abeilles
L'homme crie où son fer le ronge
Et sa plaie engendre un soleil
Plus beau que les anciens mensonges
La preuve.
Voyez et appréciez, s'il vous plait…

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