Martin Hirsch est-il Mireille Mathieu ? (24/04/2009)
Les mesurettes sans imagination et purement quantitatives Hirsch-Sarkozy ne sont pas qu'une déception (sauf pour le patronat comblé de nouvelles exonérations de charges) par rapport aux annonces initiales d'une « grande politique de la jeunesse ». Elles approfondissent le discrédit de la politique et de ses discours.
Elles confirment l'abîme entre des mots qui veulent « refonder le capitalisme » et le conformisme par rapport au modèle de société inégalitaire, exsangue et catastrophique qui domine toujours : on croit répondre aux attentes des jeunes en saupoudrant des aides aux entreprises. Sans jamais présenter les jeunes comme autre chose qu'un problème, un produit en solde et un poids pour les contribuables. Sans déléguer à la jeunesse et à ses organisations, notamment dans l'économie sociale ou par un service civil obligatoire et ambitieux, la moindre possibilité de contribuer sérieusement à la construction du monde durable, du paradigme nouveau qui s'imposent.
« Martin Hirsch, nous déclare un leader étudiant au Congrès de l'UNEF, est hélas le dindon consentant cautionnant une triste farce. Il est à l'abbé Pierre, toujours en rupture, ce que Mireille Mathieu fut à Édith Piaf. Il se sert de la même auréole mais ne boxe pas dans la même catégorie ».
Le Haut commissaire a la jeunesse a annoncé pour sa part qu'il préparait pour fin juin « des mesures beaucoup plus ambitieuses ». Espérons-le encore.
De fait, le Président Sarkozy a accumulé autour de lui des captures et des faire-valoir à son image. Les dents longues médiatiques de Kouchner, Besson, Laporte, Dati, Yade et, plus inattendues, de Hirsch discréditent sans doute, au moins partiellement, ces personnes : toutes auraient déjà dû démissionner plusieurs fois pour rester fidèles à elles-mêmes et à la dignité qui sied aux convictions sincères.
Bien pire, le jeu de ces acteurs, au sens théâtral duterme, tend à discréditer l'idée républicaine de Gouvernement démocratique de la France par les « meilleurs d'entre nous ».
L'abnégation et le désintéressement au service de l'intérêt général paraissent aujourd'hui totalement désuets et archaïques.
Cette corruption, pour le moins des esprits, touche hélas également la gauche et la droite.
Hirsch, à ce jeu, ne sera sans doute ni Léo Lagrange ni même Maurice Herzog, mais un ixième fou du roi chargé, comme on voudra, d'amuser la galerie ou de maintenir le couvercle sur la marmite.
L'absurdité de notre vie politique n'est-elle pas à son comble quand les démocrates sincères en viennent à souhaiter que l'aristocrate embusqué Dominique de Villepin ait raison quand il déclare à Europe 1 (Lagardère) qu' « il y a un risque révolutionnaire en France ».
C'est le scénario le plus optimiste. L'alternative, comme dans les années 1930, à moins d'un improbable Front populaire, n'est-elle pas une dérive préfasciste autoritaire du régime et antiparlementariste d'une opinion publique appauvrie, trompée, révoltée et déçue ?
Une chose est claire : le discrédit de la politique finit toujours mal.

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