Dans la haute vallée du Loing notamment, tous les sept ans, un comice agricole rassemble les populations dans les chefs-lieux de canton pour un concours agricole doublé d'une fête et d'un défilé de chars. Le dernier comice s'est tenu à Châtillon-Coligny les 1er et 2 septembre 2007. Mais d'où vient cette tradition qui mêle compétition, innovation traditions et fête ? | |
Selon le Robert, comice vient du latin comitium désignant dans la Rome antique une assemblée du peuple s'exprimant par plébiscite | |
En France, en 1788 est créé un premier grand prix d'agriculture remis par le Roi Louis XVI lui-même. C'est à cette époque que s’organisèrent les premiers comices agricoles dans la généralité de Paris. En 1793, la Convention supprima tous les rassemblements corporatistes et donc les comices. | |
Sous le Directoire, un bourgeois novateur, François de Neufchâteau, œuvra pour faire renaître les Sociétés d’agriculture, vecteurs d’innovation et de performance. | |
L'historien Maurice Agulhon a retranscrit l’état d’esprit qui prévalait alors : « Lorsqu’en effet, dans les cortèges des fêtes officielles, les chars porteurs de symboles ou de groupes allégoriques sont traînés par des bœufs (aux cornes dorées) et décorés de branchages verts, c’est le monde des champs qu’évoque invinciblement l’ensemble de la mise en scène. Et à plus forte raison, quand le cortège des « laboureurs », la bêche ou la houe sur l’épaule, suit le cortège des Gardes Nationaux en armes, puis, au final, vient se mêler à lui pour l’échange symbolique de l’outil et du fusil". | |
Autre version de "la faucille et le fusil", sous l'Empire, les campagnes furent davantage des réservoirs de soldats que des lieux d'innovations rurales. | |
Médaille et diplôme de comices du 19ème siècle |
Le 27 décembre 1819, le duc Elie Decazes, ministre de l’Intérieur de Louis XVIII, envoit à tous les préfets de France une circulaire accompagnée d’une brochure réalisée par J.B Huzard Fils, médecin vétérinaire, correspondant de la Société royale et centrale d’agriculture, intitulée : « Des Assemblées agricoles en Angleterre ». Cette étude voulait démontrer l’utilité des concours qui étaient organisés outre-Manche dans tous les chefs-lieux des Comtés et détaillait les modalités de fonctionnement de ces associations. Decazes plaide sur la nécessité d'importer le modèle anglais : « Si de pareilles institutions pouvaient s’acclimater dans un Etat aussi avantageusement situé que la France, notre agriculture en retirerait des fruits précieux". |
Quelques mois plus tard, le 22 mai 1820, une nouvelle circulaire, émanant cette fois-ci du Bureau des défrichements, est signée par le ministre secrétaire d’État de l’Intérieur, Siméon. Il s’adresse à tous les membres correspondants du Conseil d’agriculture afin de susciter une réflexion pour la mise en place des Comices : « Il importe beaucoup de connaître la nature des productions rurales et l’espèce d’animaux qu’on présenterait au comice, le genre d’encouragement que le gouvernement pourrait accorder, le lieu où se tiendrait l’assemblée et les époques de la réunion ». | |
Il fallut toutefois attendre 1830 et le régime du roi Louis-Philippe pour voir véritablement refleurir ici et là en France, les Sociétés d’Agriculture, soutenues par les forces conservatrices contre les forces républicaines des villes. Le retour à la terre permit aussi à des bourgeois devenus « gentlemen-farmers » de s’effacer de la vie politique parisienne et de mieux se consacrer à faire fructifier et mettre en valeur leurs biens fonciers ruraux. | |
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Concours de labours au comice agricole de Châtillon-Coligny (2007) (photographie publiée par L'éclaireur du gâtinais) |
Dans ce contexte, les premiers « concours de charrues » furent organisés et l’on nomma des inspecteurs Généraux de l’agriculture. Les premières fermes modèles firent leur apparition à cette même époque. |
Le 31 mai 1833, le règlement destiné à créer officiellement les comices agricoles fut promulgué. La circulaire n° 26, envoyée par le ministre de l’Intérieur aux préfets le 24 juin 1836, servit de rappel à ceux qui étaient en retard dans ce véritable plan d’émancipation de l’agriculture nationale, "tout retard ne pouvant en effet que gêner les progrès de ces institutions auxquelles le gouvernement doit protection et encouragements ». | |
Il semble que le premier comice agricole qui eut lieu en France, fut organisé en 1839, à Clamecy, dans la Nièvre. Le principe y fut initié par André Dupin, juriste, député de l’arrondissement de Clamecy et président de la Chambre des députés sous Louis Philippe. La Société d'agriculture y prévoit « d’instaurer de fréquents et intimes rapports entre les propriétaires et les cultivateurs et dans le même temps, de stimuler le rôle de tous ceux qui se livraient à l’agriculture et à l’élevage, en encourageant et en propageant le perfectionnement des instruments aratoires et les meilleures méthodes d’assolement, de mettre en commun et répandre le plus possible les connaissances acquises sur l’amélioration des races de bestiaux au moyen d’un croisement bien combiné ». La volonté de ces pères fondateurs fut exaucée puisqu’elle aboutit en particulier à la création de la race charolaise. | |
La Seconde République, par quatre lois de 1851 dota les associations de concours agricoles d’une existence légale. Elle leur donna même la possibilité d’élire des membres des chambres d'agriculture. Mais un décret de 1852 leur retira cette attribution. Entre-temps, Napoléon III était parvenu au pouvoir. | |
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La reine et les dauphines du comice de Châtillon-Coligny (2007). On ne célèbre pas que les bestiaux ! A moins que... (photographie publiée par L'éclaireur du gâtinais) |
Toutefois, l’habitude était prise et la tradition se poursuivit : les travailleurs de la terre se mirent durablement à conduire veaux, vaches, cochons, couvées au chef-lieu de canton où les semi-citadins les attendaient en pavoisant les rues. Pour en savoir plus, on peut consulter Wikipédia ou lire l'ouvrage de Dominique Rondelot, Jours de Comice - L'empreinte de la ruralité en Touraine du Sud (2003). Vache primée... aussi (c'est notre Meuh.. de la fin) |







Château-Renard (45) a deux châteaux. Celui, en ruines, en haut du village, derrière la belle église et celui de la Motte, au pied de la Cité des bords de l'Ouanne, 











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