Blason de la cité Maison de Jeanne d'Arc
Entre les deux, un bourg pentu à voir pour ses rues, ses ruelles et ses belles bâtisses parfois médiévales, dont "la maison de Jeanne d'Arc", belle et bien restaurée, où elle séjourna lors de son passage. | |
Comme nous le racontons dans l'histoire de la haute vallée du Loing présentée sur ce site (accessible dans la colonne de droite), l'histoire de Château-Renard vient de loin. En 961, Archambaud est un seigneur de guerre, fils du Comte de Troyes, qui s'est fait donner l'archevêché de Sens par le roi Lothaire. Après s'être emparé de l'abbaye de Ferrières et l'avoir pillée, il distrait un vaste domaine qui appartenait à l'abbaye, dans la vallée de l'Ouanne, pour récompenser un de ses soutiens, Renard-le-vieux. C'est la naissance du nom de Château-Renard. | |
Le village préexistait. D'après un historien de la région, la ville gauloise de Vellaunodunum, prise en -52 par Jules César, se trouvait sur le site du château. Château-Renard va se développer à l'abri des crues de l'Ouanne sur une île surélevée appelée la Motte de Sigebert (du nom d'un petit-fils de Clovis devenu roi d'Austrasie) et sur le coteau où prendront place l'église et le premier château.
Le château et l'église Celui-ci, détruit en 1110 par le roi Louis VI le Gros, rebâti en 1232, démantelé en 1623 par Louis XIII, présente toujours aujourd'hui d'imposants vestiges. | |
Nous racontons en détails, dans notre histoire de la haute vallée du Loing, l'évolution de Château-Renard. Nous ne nous intéressons dans cet article qu'au Château de la Motte que nous avons eu le privilège d'approcher, en septembre 2007, à l'occasion d'une des rares visites du parc autorisées chaque année, Elles sont organisées par l'Office de tourisme (dates sur demande au 02 38 95 39 53 ou a otsi.chateau-renard@wanadoo.fr). Notre promenade fut excellemment animée par une gloire et un historien local, sémillant et érudit, octogénaire de talent , Monsieur Paul Gache. | |
Le groupe des visiteurs et son excellent guide M. Paul Gache Le château de la Motte appartient actuellement a une société mexicaine qui l'exploite peu et laborieusement dans l'hôtellerie de luxe, assure tout juste la maintenance et le tient fermé aux visites et aux fêtes villageoises que le beau parc accueillait autrefois… | |
Notre reportage photographique décrit l'élégance d'une architecture pourtant maintes fois remaniée. Encore une raison de retracer la très riche histoire des lieux. | |
Le Château de la Motte fut construit dans la vallée de l'Ouanne en 1121 par Milon (ou Miles ou Milo) de Courtenay pour défier et épier le château du haut de la cité détruit par Louis VI le Gros. Il reprit le nom de l'île sur l'Ouanne dont il est pourtant distant d'environ 400 mètres. Les murs médiévaux à la base des murs du 17ème siècle C'était à l'origine une bastille, un ouvrage fortifié de forme octogonale régulière, flanqué de huit tours égales. Les traces en subsistent largement à la base des murs d'aujourd'hui. Terminé en 1121, le château recevra Louis VI en 1131. Entretemps, Milon de Courtenay aura bâti aussi l'abbaye cistercienne de Fontaine-Jean. | |
Après les Courtenay, le château la Motte est cédé en 1326, par le roi Charles IV, à un membre de la lignée des précepteurs royaux, Pierre de Machau. Sa veuve le fait passer à son second mari Pierre de Beaumont, gouverneur de Montargis. En 1359, le futur Charles V préfère restituer le château à la famille de Sully, apparentée aux Courtenay. Le château est épargné par la guerre de Cent ans et ses séquelles. Vers la fin du 14ème siècle, une héritière des Sully l'apporte à son époux de la Trémoille. | |
En 1429, le roi Charles VII y séjourne brièvement, tandis que Jeanne d'Arc est hébergée dans le village. | |
Le château restera aux de la Trémoille jusqu'en 1531. Louis de Montmorency, veuve de Gaspard 1er de Coligny et mère de l' Amiral l'achète alors pour 10.000 livres. | |
En 1539, les Coligny accueillent François 1er quelques jours au château. | |
Quand les guerres de religion se font sanglantes, les frères Coligny, Gaspard et François, réoccupent militairement le château du haut de la Cité. Celui de la Motte est réinvesti par les catholiques en 1568. | |
Il est alors détruit, rasé jusqu'à la hauteur du 1er étage. Ordre avait été donné de ne laisser subsister les possessions des Coligny qu'au tiers de leur hauteur. Ces possessions leur sont retirées en 1572 et le château connaît une période d'abandon. | |
Fille aînée de l'Amiral, Louise de Coligny, deux fois veuve, revenue des Pays-Bas dont elle avait épousé le fondateur Guillaume de Nassau, récupère le château de la Motte en 1595. A partir de 1604 et jusqu'en 1609, elle le fait reconstruire en briques sur les bases de pierre blanche de Puisaye de la bastille initiale. Remanié avec l'aide d'architectes de renom (les Androuet du Cerceau, Salomon de la Brosse), il acquiert l'essentiel de l'apparence qu'on lui connaît aujourd'hui. | |
Trois des côtés de l'octogone et deux tours sont rebâtis. Deux autres côtés et quatre tours sont laissés au niveau du 1er étage et recouverts, comme le château de Saint-Fargeau, de toits arrondis à lanternes en tuiles de l'époque, tandis que les deux autres tours et les corps de logis sont rasés. | |
A la mort de Louise de Coligny, en 1620, le château passe à ses descendants hollandais de la famille de Nassau. | |
En 1656 ils le vendent à Jacques Amat, baron du Pouet, pour 40.000 livres. Ce courtisan de la principauté d'Orange restructure les abords du château. Il bâtit, à peu près comme on les voit aujourd'hui, des dépendances de caractère et l'immense pigeonnier d'environ 3000 places. | |
Amat meurt en 1660. Son fils dilapide l'héritage. Le château est alors adjugé à Antoine 1er d'Acquin, le premier médecin de Louis XIV, l'inventeur de l'antiseptique encore appelé Dakin de nos jours. Il embellit le parc et étend le domaine. Ci-dessous, le pigeonnier, dehors et dedans | |
Il meurt en 1727. Son fils vend le château en 1754 au Duc d'Orléans. Celui-ci le cède immédiatement, pour 250.000 livres, à un riche syndic de la compagnie des Indes, Jean-Pierre Fougeret. Mais celui-ci meurt dès 1756. | |
Son fils est le dernier seigneur de la Motte alors qu'éclate la Révolution. Juste avant, il a accueilli Necker disgrâcié et sa fille Madame de Staël au château. Il épouse les idées républicaines, réalise des aménagements importants dans le parc et la ville mais est liquidé en 1794, sous la Terreur. | |
En 1806, sa veuve vend le château à Paul de Baërth, un descendant dunkerquois de Jean-Bart et de Malesherbes, député en 1815, dans la "chambre introuvable". Il meurt en 1825. | |
Sa fille apportera le château à son époux, un Lepeletier des Forts, de Saint-Fargeau. Une légende tenace raconte d'ailleurs que le château de la Motte abrite dans un lieu secret un tableau de David représentant le cadavre du député révolutionnaire Lepeletier de Saint-Fargeau, assassiné en 1793. | |
Adolphe Lepeletier des Forts poursuit l'aménagement du château et du domaine. Il meurt en 1861. Reproduction du tableau de Jacques-Louis David représentant le cadavre de Lepeletier de Saint-Fargeau (Bibliothèque Nationale) | |
Sa fille apporte la Motte au comte de Maleyssie, son époux, descendant d'un frère de Jeanne d'Arc. Leur fille Marie Tardieu de Maleyssie en hérite rapidement. Elle y vivra sur un grand pied puis dans la misère jusqu'à sa mort, en 1930. Elle se ruine à moderniser le château. | |
La béatification de Jeanne d'Arc en 1909 puis sa canonisation en 1920 ont donné lieu à de grandes fêtes célébrées par la grande famille de Maleyssie. | |
Le château est vendu au début des années 1930 à un riche avoué parisien, Havet, qui refera les toitures. Pendant l'Occupation, transformé en hôpital par les allemands, le château fait l'objet d'un raid de la Résistance et de représailles sanglantes, au Charme, en 1944. | |
Le fils Havet usurpa le titre de "Havet de Brancourt, sire de Courtenay" et dilapida ensuite les domaines, le mobilier, les archives du château. Il finit par vendre la Motte à un industriel helvétique, de la famille des chocolats Kohler, qui, dans une grange, voulut en vain y construire le plus grand carillon du monde. L'imposante machine qui ne fonctionna réellement jamais, fut un jour récupérée par la famille. | |
Une société californienne relayée aujourd'hui par une société mexicaine tenta ensuite d'y installer une hôtellerie de luxe et une école hôtelière; ce dernier projet avorta. Seule réussite : équipé de nombreux courts, le château accueillit longtemps des champions de tennis s'entraînant avant le tournoi de Roland Garros. | |
Aujourd'hui, la plupart des courts ont disparu, la piscine est vide, le parc s'abîme. La Motte attend visiblement une nouveau prince charmant pour la réveiller. |

Château-Renard (45) a deux châteaux. Celui, en ruines, en haut du village, derrière la belle église et celui de la Motte, au pied de la Cité des bords de l'Ouanne, 











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