L'écrivain(e) Colette (1873-1954) est une gloire peut-être un peu abusive de Châtillon-Coligny ! Elle y a certes vécu environ deux ans et, en 1893, elle y a épousé, à l'ancienne Mairie, Henry Gauthiers-Villars dit "Willy". Mais son œuvre évoque peu Châtillon et beaucoup Saint-Sauveur-en-Puisaye où elle est née.
Il faut savoir que si celle qu'on appelait encore Sidonie-Gabrielle (Colette est son nom de famille) s'installa avec ses parents et son frère à Châtillon-Coligny (on disait encore Châtillon-sur-Loing) en 1890, c'était suite à des revers de fortune familiaux. Elle quittait une grande maison pour une petite, 20 rue de l'église, et ses racines pour une contrée proche mais inconnue. Dans "Le long chat", elle raconte avoir souffert de "troquer une belle maison contre un petit logis, le vaste enclos natal contre un jardin étroit". Elle parle d'un "refuge".
A 15 ans avec ses longues nattes
Recueillie dans la maison de son demi-frère, le docteur Achille Robineau-Duclos, né d'un premier mariage de sa mère et qui venait de s'installer comme médecin, elle l'accompagne dans ses tournées en campagne. "Lorsqu'il jetait au moment de partir, sa trousse de chirurgie sur le siège du cabriolet, il était sûr de me trouver installée avec mon goûter, mon livre, mon vieux manteau, prête au long trajet, aux côtes montées à pied pour soulager la jument, résignée à entendre les grands "Hôôô là… hôôô là…" des femmes en gésine, attentive à tondre des poignées d'avoine verte ou de foin fin pour faire plaisir à la jument, bref, réintégrée dans mon enfance", écrit-elle dans "Gigi". Elle envisage alors de devenir médecin.
La jeune fille ne quitte guère le milieu familial jusqu'à ce qu'elle s'avoue vouer "une tendre admiration" à un célèbre journaliste et écrivain parisien, chauve, de quinze ans son aîné, Henry Gauthier-Villars, dit "Willy", à qui elle accordera sa main.
Colette et Willy

Ils se rencontrèrent parce que le père de Colette connaissait celui de Willy et que lorsque ce dernier se retrouva veuf avec un enfant, le gamin fut confié en nourrice, à Châtillon, à la famille Colette et au Docteur Robineau-Duclos.
"C'avait été un petit mariage bien modeste que le mien. Une simple bénédiction à quatre heures", raconta-t-elle. Le lendemain de la cérémonie, elle "partait pour Paris dans un vieux wagon qui roulait avec une façon de diligence, en compagnie de trois hommes qui ne m'étaient guère connus mais dont l'un venait de m'épouser". Le mariage avait été boycotté par la famille de Willy qui y était oposée, faute de dot.
Après son mariage, Colette reviendra peu à Châtillon.
Elle sera là, en 1905, pour les funérailles de son capitaine de père.
En 1907, elle divorce d'un Willy depuis toujours aussi volage qu'elle.
En 1908, sa mère déménage au 10, rue de l'Egalité, retrouvant "l'orgueil d'habiter une demeure ancienne, honorée, close de partout", écrit Colette qui l'aide à se réinstaller.
"Sido" finira ses jours à Châtillon-Coligny. Un peu à la manière de Madame de Sévigné, elle écrira beaucoup à sa fille des nouvelles de la vie à Châtillon (publiées en 1984 aux Editions des femmes sous le titre "Lettres à sa fille").
Malheureusement les lettres de Colette à sa mère ont disparu : son demi-frère les brûla pour se venger de l'absence de Colette dans les dernières années et à l'enterrement de "Sido", en 1912.
Colette, après avoir fait le nègre pour Willy, qui en a fait un écrivain à l'écriture sensuelle et libérée comme la parisienne mondaine qu'elle est devenue, menait alors une vie intense de femme, de comédienne, d'artiste de Music Hall, de mime, de journaliste et d'écrivain, loin du Gâtinais. Elle fréquentait Proust, Debusy, Anatole France…
En 1912 aussi, elle se remarie, avec Henri de Jouvenel, qui lui donnera une fille.
Malgré tout, la Bourgogne et Saint-Sauveur en Puisaye au cœur, Colette roula soigneusement les R toute sa vie…
Ci-dessous : sa maison natale.
Pour en savoir plus : www.centre-colette.com , le site du Centre d'études Colette de la Direction des Affaires culturelles du Conseil Général de l'Yonne. Il a pour mission l'archivage et la conservation des ressources documentaires du Musée Colette, au Château de Saint-Sauveur-en-Puisaye. Tél. 03 86 45 61 95 / Fax : 03 86 45 55 84




Commentaires